Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /Nov /2006 20:47
Alors... Imovane, et les autres... Est un doc doc sur les médicaments et une théorie aussi. Faut m'envoyer l'expérience détaillée de toutes tes prises médicamenteuses. Faut des histoires psy aussi, car si l'anti-psychiatrie existe, elle est invisible ! Bon a bientôt donc.
Par Amandine - Publié dans : crutland
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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /Nov /2006 18:51
Alors Christine, je técris donc alors que je ne dors plus, nerveuse heureuse, amoureuse de myself et de nous. Hier j'ai fait deux chansons et j'étais très énervée en peignoir alors je suais et quand Jeancame s'est réveillé nous nous sommes amusés ensemble, pas trop avec Sampiero mais il voulait faire du rap donc il nous a laissé tout le boulot comme d'habitude; on se fait plein de frangins et après je me fais engueuler pour infidélité et je m'en fous car: "L'honneur c'est de ne pas voir ce qui est caché". C'est pire que l'orgueil donc c'est mieux. Que clarté se fasse amour: Ce n'est pas de fantômes que je m'escorte, mais de muses. Veuillez arrêter de m'envoyer des mails, car je me sens nerveuse de vos absences. Ce n'est pas à moi que tu parles mais à tout le monde. Que ton verbe soit un pistolet à eau. Mari mamuse est là à la guitare. J'aime comme elle tape du pied. Je n'aime pas dire aimer. Splach! Je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime. Le suicide est joyeux car c'est une faculté. Un jour je serai triste. Je serai morte donc. Et tu sera vidé d'un lien Poison violent Songe génial Ef fera de ton espace un paradis. Je n'irais pas au paradis Car je ne veux pas mourir Ni vivre bien entendu. Je suis la sorcière Maman sorcière Ecorchée vivre Par réflexion superficielle. Nous sommes frères Et nous aimons nous lécher entre nous. L'amour ; ramonage intersidéral. J'aime two sometimes. My name is never again at hole. I'm affraid to come Christine because I love. And I am dry from nobody. Tu es une musique si mélancolique Que tu vois je pleure Les enfants me manquent Je suis un crime De fête. Je lèche ta tête de cochonne Et je t'avale crue Nue. Je te sens Slogan. Je suis trouée soudain et et et... Paralysée heureuse sometimes... Quelle émotion de voir sourire l'amour. Je pleure que vous ne vous branliez pas pluche. Je lèche l'enfance par thélépathie. Regard. Je veux mon regard dans le ciel du matin Que les enfants se réveillent en douceur. Pourvu que ma télépathie... Que dis-je? Révolution. Rêvolution. Quelle idiotie quand-même.
Par Amandine - Publié dans : crutland
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 02:35
Une seule chose est nécessaire à avoir: ou bien un esprit léger de nature, ou bien un esprit allégé par l'art et le savoir.

La noblesse des sentiments consiste pour une bonne part en générosité et absence de méfiance, elle comporte donc précisément ce que les gens intéressés et amis du succès regardent si volontiers de haut en se moquant beaucoup.

C'est le privilège de la grandeur que de rendre heureux en donnant peu.

L'homme se conduit noblement sans le vouloir quand il s'est habitué à ne rien exiger des autres et à leur donner toujours.

C'est conjouir, et non point compatir, qui fait l'ami.

Il faut, si l'on vise à la connaissance, savoir utiliser tour à tour ce courant intérieur qui nous porte vers une chose et puis cet autre qui nous en éloigne au bout d'un certain temps.

"Jouir de quelque chose", dit-on, mais c'est en vérité de soi que l'on jouit au moyen de la chose.

Si nous aimons tant être en pleine nature, c'est parce que la nature n'a pas d'opinion sur nous.

Dans notre monde policé, chacun se sent supérieur à tout autre en une chose au moins: c'est là-dessus que repose la bienveillance générale, étant donné que tout individu est une personne qui peut rendre service à l'occasion, et par suite n'avoir pas honte d'accepter un service.

Lors d'un décès, on a le plus souvent besoin de consolations, non pas tellement pour diminuer la force de son chagrin que pour avoir une excuse de se sentir si facilement consolé.

Plus personne ne meurt aujourd'hui des vérités mortelles: il y a trop de contrepoisons.

Exiger d'être aimé, il n'est de plus grande présomption.

Quand s'éveille dans l'âme une indomptable envie de s'imposer en tyran, et qu'elle ne cesse d'entretenir le feu, même un talent médiocre (chez les politiques, les artistes) se change peu à peu en une force naturelle quasiment irrésistible.

Qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt à ce qu'il reste en vie.

Un métier laisse la tête vide; c'est là sa grande bénédiction. Car c'est un rampart derrière lequel on peut légitimement se retrancher quand vous assaillent doutes et soucis de l'espèce commune.

Le talent de plus d'un paraît moindre qu'il n'est parce qu'il s'est toujours proposé de trop grandes tâches.

Les fleuves puissants entraînent beaucoup de pierrailles et de brousailles, les esprits puissants beaucoup de têtes sottes et confuses.

Quand on pense beaucoup et avec intelligence, ce n'est pas seulement le visage, mais tout le corps qui prend un air d'intelligence.

Il est des âmes serviles qui poussent si loin la reconnaissance de bienfaits reçus qu'elles s'étranglent elles-mêmes avec le cordon de la gratitude.

Qui s'écarte de la tradition est victime de l'exception; qui reste dans la tradition en est l'esclave. Dans les deux cas, c'est à la perte que l'on va.

Celui qui parle une langue étrangère à peu près en jouit davantage que celui qui la parle bien. Le plaisir est pour le demi-savant.

Il y a des gens qui veulent rendre la vie pénible aux hommes sans autre raison que de leur offrir par après leurs recettes pour soulager la vie, par exemple leur christianisme.

Qui veut donner le bon exemple doit ajouter un grain de folie à sa vertu: c'est là que l'on imite et à la fois se hausse au-dessus du modèle,- chose qui plaît aux gens.

La flamme n'est pas si claire à soi-même qu'aux autres, qu'elle éclaire: ainsi le sage.

L'avantage de la mauvaise mémoire est que, des mêmes choses, on jouit plusieurs fois pour la première fois.

L'intransigeance de la pensée est souvent le masque d'une profonde inquiétude d'esprit qui cherche à s'étourdir.

Le disciple d'un martyr souffre plus que le martyr.

Il est des hommes comme deces meules à charbon des forêts. Ce n'est qu'une fois qu'ils ont fini de brûler et sont carbonisés, comme celles-ci, que les jeunes gens deviennent utiles. Aussi longtemps qu'ils fument et charbonnent, ils sont peut-être plus intéressants, mais inutiles et trop souvent incommodes.- L'humanité emploie chaque individu, sans ménagement, comme combustible pour chauffer ses grandes machines: mais à quoi bon ces machines si tous les individus (c'est à dire l'humanité) ne servent qu'à les entretenir? Des machines qui n'ont d'autre fin qu'elles-mêmes, est-ce là l'umana commedia?

Il existe une modestie vraie (c'est reconnaître que nous ne sommes pas l'oeuvre de nous-mêmes); et c'est celle qui convient fort bien au grand esprit parce qu'il est, lui, justement capable de concevoir l'idée de l'irresponsabilité totale (même pour ce qu'il crée de bien). L'immodestie du grand homme suscite la haine, non point pour le sentiment de sa force qu'il y exprime, mais parce qu'il veut n'éprouver cette force qu'en blessant les autres, les traitant en despote pour voir jusqu'où peut aller leur patience. D'ordinaire, il trahit plutôt par là un manque d'assurance dans le sentiment de sa force, ce qui fait douter les hommes de sa grandeur. C'est en ce sens que, vu sous l'angle de l'habileté, l'immodestie est fortement à déconseiller.

Voici le meilleur moyen de commencer chaque journée: c'est de se demander au réveil si l'on ne pourrait pas ce jour là faire plaisir à quelqu'un. Si cette idée avait des chances d'être reçue en remplacement de l'habitude religieuse de la prière, nos semblables trouveraient avantages à ce changement.

Les hommes qui veulent surtout choquer, quitte à déplaire, désirent la même chose que ceux qui veulent plaire sans choquer, mais à un degré beaucoup plus haut et indirectement, en passant par un stade qui les éloigne en apparence de leur but. Ils veulent l'influence et la puissance, et affichent donc leur supériorité, même si elle doit causer un sentiment désagréable; car ils le savent, celui qui est enfin arrivé à la puissance plaît à peu près en tout ce qu'il fait et dit, et même quand il déplaît, il a encore l'air de plaire malgré tout. - Le libre penseur, et tout autant le croyant, veulent eux aussi la puissance, pour y trouver quelque jour de quoi plaire; si, à cause de leur doctrine, un mauvais sort vient à les menacer, persécution, cachot, supplice, ils se réjouissent à la pensée que le fer et le feu seront une manière pour leur doctrine de pénétrer dans l'humanité; ils l'acceptent comme un moyen douloureux, mais énergique, malgré son efficacité à retardement, d'arriver quand même encore à la puissance.

Entre amis

I
Il est beau de se taire ensemble,
Plus beau de rire ensemble,-
Sous la tente d'un ciel de soie,
Le dos à la mousse du hêtre,
Rire entre amis, éclats cordiaux
Et blanches dents qui se découvrent.

Ai-je gagné, nous nous tairons;
Ai-je mal fait-, et bien, rions
Et de plus en plus mal faisons,
Plus mal faisons, plus mal rions,
Au bout la fosse nous attend.

Ca mes amis! L'aurons-nous bien?...
Ainsi soit-il! Et au revoir!

2
Point d'excuses! Ni de pardon!
Vous les contents, libres de coeur,
Veuillez, ce livre sans raison,
Lui ouvrir coeur, oreille et gîte!
Croyez, amis, ma déraison
N'appelle point malédiction!

Ce que je trouve et cherche, moi-
Livre jamais en parla-t-il?
La gent des fous, en moi honorez là!
Et ce livre fou, apprenez-y
Comment raison vient... A raison!

Ca, mes amis, l'aurz-vous bien?...
Ainsi soit-il! Et au revoir!



Par Armando - Publié dans : crutland
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Samedi 28 octobre 2006 6 28 /10 /Oct /2006 18:50

Un bon écrivain ne possède pas seulement son esprit, mais encore l'esprit de ses amis.

Ces prétendus paradoxes de l'auteur dont le lecteur est scandalisé ne se trouvent souvent pas du tout dans le livre de l'auteur, mais bien dans la tête du lecteur.

Les aristocrates-nés de l'esprit ne sont pas trop pressés; leurs créations pointent et tombent de l'arbre par un soir tranquille d'automne sans être dans une même hâte désirées, forcées, évincées par d'autres. Vouloir créer sans trève ni répit est vulgaire et trahit la jalousie, l'envie, l'ambition. Quand on est quelque chose, on n'a pas besoin en vérité de rien faire - et l'on fait pourtant beaucoup. Il existe au-dessus de l'homme "productif" une autre espèce plus élevée.

On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu'on ne s'y attend de sa part en raison de son origine, de son milieu, de son état et de sa fonction, ou en raison des opinions régnantes de son temps. Il est l'exception, les esprits asservis sont la règle; ce que ceux-ci lui reprochent, c'est que ses libres principes ou bien ont leur source dans le désir de surprendre ou bien permettent même de conclure à des actes libres, c'est à dire de ceux qui sont inconciliables avec la morale asservie. On dit aussi parfois que tel ou tel de ces libres principes peut se déduire de quelque travers et exaltation d'esprit; mais seule parle ainsi la méchanceté, qui ne croit pas elle-même à ce qu'elle dit, mais veut s'en servir pour nuire: car l'esprit libre porte d'habitude le témoignage de la précellence et de l'acuité de son intelligence écrit sur son visage, si lisible que les esprits asservis le comprennent fort bien. Mais les deux autres dérivations de sa libre pensée procèdent d'une intention sincère; le fait est que beaucoup d'esprits libres prennent aussi naissance de l'une ou l'autre façon. Mais ce pourrait être une raison pour que les principes auxquels ils sont parvenus par ces moyens soient tout de même  plus vrais et plus sûrs que ceux des esprits asservis. Ce qui compte dans la connaissance de la vérité, c'est qu'on la possède, et non pas sous quelle impulsion on l'a recherchée, par quelle voie on l'a trouvée. Si les esprits libres ont raison, les esprits asservis ont tort, peu importe si les premiers sont arrivés au vrai par immoralité et les autres restés jusqu'à ce jour attachés au faux par la moralité. - Au demeurant, il n'entre pas dans la nature de l'esprit libre d'avoir des vues plus justes, mais bien plutôt de s'être affranchi des traditions, que ce soit avec bonheur ou avec insuccès. Mais d'ordinaire, il aura tout de même la vérité de son côté, ou tout au moins l'esprit de recherche de la vérité: il veut, lui, des raisons, les autres des croyances.

L'accoutumance à des principes intellectuels dépourvus de raisons est justement ce que l'on appelle croyance.

Tous les états et tous les ordres de la société: les classes, le mariage, l'éducation, tout cela ne tient sa force et sa durée que de la croyance des esprits asservis, - donc de l'absence de raisons, tout au moins du refus de s'enquérir des raisons.

Le mileu qui éduque l'individu tend à priver chacun de liberté en lui proposant toujours le moindre nombre de possibilités. Les éducateurs traitent l'individu comme s'il était quelque chose de nouveau, sans doute, mais qu'ils voudraient transformer en copie. Si l'homme apparaît d'abord comme une nouveauté sans précédent dans l'existence, il ne s'agit pas moins de le réduire à quelque chose de connu, de déjà existant. Ce que l'on appelle bon caractère chez l'enfant, c'est justement la manifestation progressive de son asservissement à l'existence donnée une fois pour toutes; en se mettant du côté des esprits asservis, l'enfant commence par témoigner de l'éveil de son sens grégaire; mais ce sens grégaire est la base qui lui permettra d'être plus tard utile à son état, à sa classe.

Les esprits libres qui plaident leur cause au forum des esprits asservis ont à démontrer qu'il y a toujours eu des esprits libres, donc que la libre pensée a la durée pour elle, ensuite qu'ils ne cherchent pas à être importuns, et enfin qu'à tout prendre ils procurent bien quelque avantage aux esprits asservis; mais comme ils ne sauraient convaincre ceux-ci de ce dernier point, il ne leur sert à rien d'avoir démontré le premier et le deuxième.

Comparé à celui qui a la tradition de son côté et n'a pas besoin de raison pour fonder ses actes, l'esprit libre est tojours faible, surtout dans ses actes; car il connaît trop de motifs et de points de vue, et en a la main hésitante, mal exercée. Quels moyens y a-t-il maintenant de le rendre quand même relativement fort, en sorte qu'il puisse au moins s'affirmer et ne pas se perdre inutilement? Comment naît l'esprit fort? La question est celle, dans un cas isolé, de la production du génie. D'où viennent l'énergie, la force inflexible, l'endurance avec lesquelles l'individu, à contre-courant de la tradition, tâche d'acquérir une connaissance personnelle du monde?

 Au fur et à mesure que sa culture s'élève, tout devient intéressant pour l'homme, il sait trouver rapidement le côté instructif d'une chose et discerner le point où elle peut combler une lacune de sa pensée, confirmer une de ses idées. L'ennui disparaît ainsi un peu plus chaque jour, mais en même temps la sensibilité excessive de l'âme. L'homme finit par passer au milieu de ses semblables comme un naturaliste parmi les plantes et par se prendre lui-même pour un phénomène à observer, qui n'excite fortement que son instinct de connaissance.

Dans une humanité aussi supérieurement évoluée qu'est la nôtre, tout le monde reçoit de la nature la possibilité d'accéder à de nombreux talents. Chacun a un talent inné, mais rare est celui auquel la nature et l'éduction confèrent ce degré de ténacité, d'endurance, d'énergie, qui lui permettra de devenir réellement un talent, donc de devenir ce qu'il est, c'est à dire de s'en décharger en oeuvres et en actes.

Le manque d'intimité entre amis est un défaut que l'on ne peut blâmer sans le rendre inguérissable.

Qui donne des conseils à un malade y gagne, qu'ils soient reçus ou rejetés, un sentiment de supériorité sur lui. C'est pourquoi les malades fiers et susceptibles haïssent leurs conseilleurs plus encore que leur maladie.

Les personnes qui veulent, par des flatteries, endormir la prudence que nous mettons dans les rapports avec elles recourent à un moyen dangereux, une sorte de somnifère qui, s'il n'apporte pas le sommeil, n'en laisse que plus éveillé.

On peut douter si un homme qui a beaucoup voyagé a trouvé quelque part dans le monde endroits plus laids que sur la face humaine.

Personne ne sait gré de sa courtoisie à l'homme d'esprit dès lors qu'il se met à niveau d'une société où il n'est pas courtois de faire preuve d'esprit.



Bon c'est assez pour aujour d'hui.


Par Amandine - Publié dans : crutland
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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 19:46

Depuis le temps que je le dis... Bein voilà best of Nitze au fur et à mesure. N'oubliez pas myspace (cliquer le lien) j'y poste quelques nouveautés réjouissives. D'autres choses à venir, "Jeancamille" et "promenade crute" enfin vous verrez. Début Novembre je mettrai des photos de l'ouverture du squat à Bruxils.

Humain trop humain.

C'est cette part archaïque d'humanité qui dans le rêve continue d'agir en nous, car elle est le fondement sur lequel la raison supérieure s'est développée et se développe encore en tout homme : le rêve nous ramène à des états reculés de la civilisation humaine et nous fournit un moyen de les comprendre mieux.

L'invention des lois numériques s'est faite à partir de l'erreur qui régna dès les origines, savoir qu'il existerait plusieurs choses adentiques (mais en fait il n'y a rien d'identique) que du moins il existerait des choses (mais il n'existe pas de "choses").

Même l'être le plus raisonnable a de temps en temps besoin de retrouver la nature, c'est à dire le fond illogique de sa relation avec toutes choses.

Ainsi donc, la valeur de la vie repose, pour l'homme du commun et de tous les jours, sur le seul fait qu'il se donne plus d'importance qu'au monde. La grande carence d'imagination dont il souffre le rend incapable d'accorder son sentiment sur celui d'autres êtres, si bien qu'il prend le moins de part possible à leur sort et à leur souffrance. Celui qui au contraire saurait y prendre réellement part ne pourrait que désespérer de la valeur de la vie;s'il réussissait à s'assimiler et à ressentir la conscience de l'humanité, il s'éffondrerait en maudissant l'existance,-car l'humanité n'a aucun but au total, et l'homme ne peut par suite, à en considérer la marche générale, y trouver ni consolation ni soutien, mais bien le desespoir. Si en tout ce qu'il fait il vient à envisager la radicale absence de buts humains, sa propre activité prendra à ses yeux un caractère de gaspillage. Mais se sentir gaspillé en son humanité (et non plus seulement en son individu), de la même manière que nous voyons la nature gaspiller ses fleurs une à une, c'est un sentiment qui passe tous les sentiments. -Mais qui en est capable? Seul un poète, à coup sûr : et les poètes savent toujours se consoler.

Un homme si bien sorti des fers normaux de la vie qu'il ne continue plus à vivre que pour améliorer sans cesse sa connaissance, doit pouvoir renoncer sans envie ni dépit à beaucoup de ces choses, voire presque toutes, qui ont quelque valeur aux yeux des autres; il faut que lui suffise, comme étant le plus désirable, cet état qui le fait planer librement et sans crainte au dessus des hommes, des moeurs, des lois et des évaluations traditionnelles des choses. La joie qui lui vient de cette situation, il aime à la communiquer, et il n'a peut-être rien d'autre à communiquer,-ce qui implique, il est vrai, une privation, un renoncement de plus. Mais si l'on exige davantage de lui, il renverra d'un hochement de tête bienveillant à son frère, l'homme d'action libre, et ne fera peut-être pas mystère d'un rien de moquerie: car la "liberté" de celui-là, c'est encore une autre histoire.

Le regret postérieur à l'acte n'a pas besoin du tout d'être fondé en raison: il ne l'est même certainement pas, car il repose tout juste sur le postulat erroné que l'acte ne devait pas nécessairement avoir lieu. Ainsi donc, c'est parce que l'homme se croit libre, mais non parce qu'il l'est, qu'il éprouve repentir et remords.

Personne n'est responsable de ses actes, personne ne l'est de son être; juger est synonyme d'être injuste. C'est vrai aussi lorsque l'individu se juge lui-même. La proposition est claire comme le jour et son soleil, et c'est pourtant le cas où tout le monde revient de préférence à l'ombre et au mensonge-par peur des conséquences.

 Quand on s'obstine pendant très longtemps à vouloir paraître quelque chose, il devient difficile à la fin d'être autre chose.

Par Armando - Publié dans : crutland
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